25.08.2009
Qu'est-ce qu'une machine à laver?
Qu'est-ce qu'une machine à laver?
La question pourrait paraître sotte tout comme la réponse tend à être futile et même évidente.
Pourtant, tout individu qui compose finement son puzzle de vie dans une société et un système comme le notre devrait être amener à se poser cette question essentielle.
Biensûr il y a cet objet infâme qui traîne dans les coins les plus reculés de nos appartements. Celui qui brasse et qui fait mousser toute la saleté d'une journée bien remplie. Celui qui fait trop de bruit mais dont nous nous sentons inséparables. Celui auquel nous faisons la sourde oreille pour le remercier de nous débarrasser avec tant d'efficacité de toute la sueur, toutes les traces de café qui ont séché sur nos chemises.
Non je ne parle pas de cette abjecte perle de la technologie qui, comme Moulinex l'a si bien dit avant moi, "libère la femme". Ah la publicité! tout un monde de finesse et d'humanité. Mais ceci est un autre débat. Non. Aujourd'hui je veux parler de la Machine à laver, la vraie, celle faîte de chaire et d'os.
Voilà bien 4 ou 5 heures que je dégouline et m'essore les pupilles. Il est donc temps de parler de la Chose. Il est temps de dénoncer. Il est temps de stigmatiser. Il est temps de rattrapper, sans rap raté, la Chose qui nous hante, qui nous traque et nous flanque à la rue.
Le système est une gigantesque machine à laver qui nous trie, qui nous lave, nous rince, nous essore et nous repasse de tout côté. On est tous dans de sales draps. Que ce soit le type à la cravate qui se fait mousser dans nos télé-propagandes ou l'ouvrier qui se lave les mains après sa journée.
On est tous programmés à devenir des automates. Cette machine là ne fait pas de bruit, elle nous bassine subtilement avec des émissions de télé-irréalité, elle nous gomme, nous polit, nous lime imperceptiblement toutes nos petites aspérités de personnalité.
Ne sors pas du lot ou fais-toi discret, voilà le slogan de la Chose sélective et folklorique qui s'immisce entre les mailles de notre matière grise pour nous dégraisser au mieux de toutes nos émotions. On nous trie, nous séléctionne sans raison valable, lavable au possible.
Puisqu'il faut sauver la planète, puisque l'écologie est un sujet à la mode, faisons des économies d'énergie: coupons le courant.
.
16:28 Publié dans textes-intrus | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : écriture, politique

Commentaires
C'est affreux. Que l'écologie soit à la mode. C'est affreux et débile, parce que du coup ça perd forcément toute sa pertinance, et ça met des tons pastels là où ça devrait être un peu plus 'trachant'.
Rien àvoir : pour l'anecdote il y a pas longtemps j'ai écouté du grand corps malade. Du coup j'avais commencé un texte sur ce thème. Et figures-toi qu'y figurait "rattrapper, sans rap raté". C'est dingue non ? :p
Ecrit par : liam | 27.08.2009
Je ne connais pas bien Grand corps malade, j'ai dû en entendre une ou 2 (que j'ai bien aimé d'ailleurs), en effet c'est une drôle de coïncidence mais au final ça m'étonne sans plus... quand on passe ses journées à essayer de faire des amalgames de mots, on finit par retomber sur les mêmes.
Puis dans le slam comme dans le rap, comme il n'y a pas de musicalité (dans les paroles), tout repose justement sur les sonorités et le rythme des mots.
mais cela dit c'est vrai que c'est intriguant^^
Ecrit par : Mowglie | 27.08.2009
Ecrire un commentaire